D’après les derniers chiffres publiés ce lundi, le taux de suicide continue de baisser dans l’Hexagone mais reste un des plus élevés en Europe.

 

En 2014 en France, une personne s’est donné la mort toutes les heures, d’après les chiffres publiés ce lundi par l’Observatoire national du suicide. Depuis sa création en 2013 sous la tutelle du ministère de la Santé, il publie tous les deux ans un rapport sur le sujet. Le dernier document révèle que 8.885 personnes se sont suicidées en France métropolitaine en 2014, soit 24 par jour: 6.661 hommes et 2.224 femmes.

Si le rapport révèle une tendance générale à la baisse, le nombre de suicides ayant chuté de 26% entre 2003 et 2014, il souligne aussi que le taux français est parmi les plus élevés en Europe, la France se situant au dixième rang sur 32, derrière les pays de l’Est, la Finlande et la Belgique.

 

Des chiffres sous-estimés

D’après les auteurs du rapport, les chiffres français sont sous-estimés, de 10% environ, dans la mesure où seules les morts déclarées comme des suicides sur les certificats de décès sont prises en compte. Ce qui porterait in fine à un total de 10.000 morts. Comme le soulignent les auteurs, le suicide n’épargne aucune région, tranche d’âge ou catégorie de la population, mais plusieurs disparités sont notables.

Tout d’abord, le suicide touche davantage les hommes que les femmes: le taux est de 23,1 pour 100.000 personnes pour les premiers, et de 6,8 pour 100.000 chez les secondes. Ensuite, il touche particulièrement en France les hommes âgés: 59,4 pour 100.000 hommes chez les plus de 74 ans, 33,4 pour 100.000 chez les 45-54 ans, et 7,5 pour 100.000 chez les plus jeunes, les 15-24 ans.

 

Deuxième cause de mortalité chez les jeunes

Chez ces derniers, le suicide constitue la deuxième cause de mortalité, après les accidents de la route: il représente 16% des décès dans cette tranche d’âge. Une proportion élevée qui s’explique par le fait que “peu de personnes meurent à cette période de la vie”. Parmi eux, on observe une disparité dans le nombre de tentatives de suicide, plus nombreuses chez les filles que chez les garçons. Elles sont deux fois plus fréquentes chez les jeunes filles, tout comme les pensée suicidaires.

Tous âges et sexes confondus, les modes de suicide les plus fréquents en France sont les pendaisons (57 %), les armes à feu (12%), les médicaments et autres substances (11%) et les sauts dans le vide (7%). Les régions les plus touchées sont la Bretagne et la Normandie, avec un taux de décès par suicide supérieurs de 47,7% et 22,9% à la moyenne nationale. Les moins touchées sont l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Corse, avec un taux de décès par suicide inférieurs de 19,4% et 32,3% à la moyenne nationale.

 

L’importance de la prévention

Au niveau mondial, on observe une baisse également depuis les années 1990, sauf au Japon et en Corée. Le suicide reste néanmoins la quinzième cause de mortalité dans le monde: d’après les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé publiés en 2014, une personne se suicide toutes les 40 secondes.

Un phénomène en partie évitable grâce à la prévention, qu’un groupe de travail dédié propose d’inscrire dans le champ plus global de la santé mentale, soulignent les auteurs. Cinq stratégies d’actions en particulier sont proposées: organiser le suivi des personnes hospitalisées pour une tentative de suicide après leur sortie, améliorer les formations pour apprendre à repérer le risque suicidaire, renforcer l’information du public, mettre en place un numéro de prévention, et enfin veiller au traitement médiatique et à la prévention d’un possible effet de contagion.

 

 

Source : BFM TV

 

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