VIDÉO – L’Institut Pasteur explique ce jeudi que la bactérie trouvée dans l’usine de lait infantile Lactalis à Craon, qui se trouve être à l’origine de deux épidémies de salmonellose chez des nourrissons en 2005 et 2017, en a contaminé 25 autres.

C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire Lactalis. Ce jeudi, l’Institut Pasteur a indiqué à l’AFP que la bactérie d’une usine de lait infantile Lactalis – celle de Craon en Mayenne – à l’origine de deux épidémies de salmonellose chez des nourrissons en 2005 et 2017 en avait également contaminé 25 autres entre 2006 et 2016. «Ce sont des cas sporadiques de salmonellose chez des nourrissons, 25 sur dix ans, pour lesquels nous avons pu confirmer qu’il s’agissait de la même souche» de salmonelle qu’en 2005 et 2017, a expliqué le directeur du Centre national de référence salmonelles à Pasteur, François-Xavier Weill.

Le président de Lactalis avait soulevé cette hypothèse

Cette annonce n’est pas une réelle surprise. Plus tôt dans la journée, dans un entretien publié par Les Echos , le président de Lactalis Emmanuel Besnier regrettait en effet ne pouvoir «exclure que des bébés aient consommé du lait contaminé» entre 2005 et 2017, puisque la salmonelle découverte récemment est «la même que celle de 2005, époque à laquelle nous n’étions pas propriétaires du site. Elle était confinée dans les infrastructures de la tour numéro 1».

«Nous faisons réaliser des analyses systématiques par un laboratoire extérieur de référence. Il ne nous a communiqué aucune alerte sur les produits. En revanche, nous avons eu deux alertes à la salmonelle en août, puis en novembre, dans l’environnement. Quand cela arrive, on nettoie jusqu’à ce que tout soit conforme. Et on reprend l’activité», explique le responsable dans cet entretien. Le président du géant laitier souligne que, durant la période 2005-2017, les analyses sur les produits finis ont toujours été «conformes aux exigences sanitaires» et s’en prend au «laboratoire extérieur de référence» qui en était chargé. «Nous nous posons beaucoup de questions sur la sensibilité des analyses faites par ce laboratoire. Nous avons beaucoup de mal à comprendre comment 16.000 analyses réalisées en 2017 ont pu ne rien révéler. Nous avons des doutes sur la fiabilité des tests. Ce n’est pas possible qu’il y ait eu zéro positif», dit Emmanuel Besnier.

Fermeture d’une tour de l’usine de Craon

Par ailleurs, la tour de séchage numéro 1 de l’usine de Craon, d’où proviennent les salmonelles Agona à l’origine de la contamination du lait, va être fermée définitivement, annonce également Emmanuel Besnier. «La fermeture va nous permettre de repartir sur des bases saines avec la deuxième tour toute récente», ajoute-t-il, tout en s’engageant à offrir un programme de mobilité aux salariés concernés par cette fermeture. «Ce plan a été présenté mercredi soir aux représentants du personnel, en leur assurant de notre volonté qu’il n’y ait aucune suppression de poste», dit-il. Quant aux marques Picot et Milumel, aujourd’hui retirées des rayons, elles seront relancées, précise le PDG. «Cela prendra du temps mais nous ne pensons pas qu’elles soient irrémédiablement affectées», ajoute-t-il, précisant que «le marché du lait infantile est en croissance à l’international».

Emmanuel Besnier explique également que la crise du lait infantile contaminé pourrait coûter «plusieurs centaines de millions d’euros» à son entreprise. En outre, «cette affaire peut aussi nous coûter l’agrément à l’exportation sur une période qu’on ne peut pas estimer», a ajouté le président du groupe, précisant: «C’est la plus grande crise que j’ai eue à affronter dans ma vie de manager.»

Né d’une petite entreprise familiale, Lactalis est devenu un géant mondial avec 246 sites de production dans 47 pays et 75.000 collaborateurs. Le groupe avait dû stopper le 8 décembre sa production de laits infantiles sortis de l’usine de Craon en Mayenne, après avoir découvert des salmonelles dans des laits de marque Picot et Milumel. Après plusieurs semaines de crise, le groupe a procédé à la mi-janvier au retrait total de tous les laits infantiles sortis de l’usine de Craon – pas moins de 12 millions de boîtes. 37 bébés ont été touchés en France.

Source : Le Figaro

 

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